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TeamViewer : le gratuit, c’est fini (sauf exceptions)

Publié le 28 juin 2018 à 11 h 34

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Il faisait partie du paysage de nos utilitaires préférés. Installation enfantine, utilisation limpide, multitude de fonctions : TeamViewer avait tout pour plaire. Il connecterait d'ailleurs 1,5 milliards d'appareils. Mais l'éditeur allemand vient de sonner la fin de la récréation, déclarant la guerre aux pros qui ne jouent pas le jeu. Désormais, il faut payer. Ou trouver son bonheur ailleurs.

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TeamViewer, vous y avez pris goût, mais les cadeaux, c’est terminé. Le logiciel de prise de contrôle à distance en avait probablement assez d’être utilisé par des clients professionnels qui ne passaient pas par la case CB. Après plusieurs années de tolérance, TeamViewer vient donc de passer à la tolérance zéro. Depuis le début de la semaine, le logiciel détecte désormais toute utilisation considérée comme potentiellement commerciale ou professionnelle, pop-up d’alerte à l’appui et déconnexion quasi-immédiate sans possibilité réelle de se reconnecter.

« Nous avons pris les mesures nécessaires »

Dans la fenêtre qui surgit, on peut lire : « Une utilisation commerciale a été détectée. Ce logiciel semble être utilisé dans un environnement professionnel. Veuillez noter que la version gratuite ne doit être utilisée qu’à des fins privées. Votre session sera interrompue dans 5 minutes. Veuillez visiter notre site web pour de plus amples informations. » Dans les faits, l’interruption de la session est quasi-immédiate puisqu’elle intervient quelques secondes plus tard. Un clic sur le bouton « Plus d’informations » envoie sur le site web de TeamViewer, et plus particulièrement sur la page qui détaille un « usage professionnel ». On peut y lire : « La plupart de nos utilisateurs respectent cette condition en achetant une licence s’ils ont l’intention d’utiliser TeamViewer à des fins professionnelles. Nous avons cependant pris les mesures nécessaires pour empêcher l’utilisation illégale de notre logiciel à des fins professionnelles sans licence appropriée. TeamViewer dispose de diverses méthodes de détection anonyme lui permettant de vérifier si le logiciel est utilisé dans des environnements professionnels. Si vous utilisez TeamViewer régulièrement dans de tels environnements, vous verrez l’avertissement que vous avez probablement vu avant d’accéder à cette page. »

Pris au dépourvu

TeamViewer définit ainsi un « usage professionnel » : « Essentiellement, tout usage commercial avec implication probable de services en espèce ou en nature. ». Mais il suffit d’utiliser TeamViewer pour se connecter, depuis chez soi, à son ordinateur au bureau pour tomber dans cette définition. Pour rester dans le périmètre de l’usage non professionnel, il faut se contenter d’utiliser TeamViewer pour « apporter aide ou assistance à vos amis ou parents » et pour se connecter à votre ordinateur personnel. Game over, en clair, pour beaucoup d’utilisateurs dans cette zone grise, entre usage professionnel et non professionnel. L’heure est venue de passer à la caisse. Sur le fond, c’est logique et normal, qui plus est pour un logiciel efficace et qui rend un vrai service. Néanmoins, deux points sont nettement contestables. Le premier, c’est que cette évolution brutale n’a pas été annoncée. TeamViewer repose en partie sur la connexion de ses utilisateurs, même gratuits, via un ensemble composée d’une adresse email et d’un mot de passe. TeamViewer dispose donc d’une base de contacts et est en mesure de communiquer avec une bonne partie de ses utilisateurs. Or, pas un message de l’éditeur allemand avant l’activation de ces méthodes de détection anonyme. Certains utilisateurs, de bonne foi, ont pu se faire surprendre, parfois à un moment critique, avec le sentiment désagréable d’être piégés, mis devant le fait accompli, et aussi d’être traités – implicitement -… de voleurs. Auparavant, dans sa fenêtre d’ouverture, TeamViewer invitait ses utilisateurs à « jouer le jeu ». Beaucoup ont probablement abusé de cette tolérance. Désormais, sans dégainer la CB, c’est terminé.

Pilule amère pour les TPE

On en arrive au second point : la stratégie commerciale de TeamViewer. Si vous n’êtes pas en capacité de débourser 334 € (tarif de base Business, soit 27,90 € par mois pendant 12 mois) sur le champ, vous ne pourrez plus utiliser TeamViewer. Dans ses FAQ, l’éditeur anticipe la question : « Offrez-vous un abonnement mensuel ? » La réponse est juste en-dessous : « Actuellement, tous les forfaits d’abonnement sont souscrits et renouvelés annuellement ». Stratégie incompréhensible qui ne privera pas TeamViewer de ses utilisateurs dans les grands groupes. Mais pour les indépendants, les TPE, la pilule est amère. Seul recours : contester l’avertissement pop-up via un formulaire qui invite à décrire votre contexte d’utilisation. TeamViewer débloquera son logiciel, au cas par cas.

Un boulevard pour AnyDesk avec LogMeIn en embuscade

Dans ces conditions, nous ne pouvons que vous conseiller de vous tourner vers la concurrence, à défaut de la faire jouer. Du côté des logiciels commerciaux, LogMeIn reste le principal concurrent de TeamViewer. Une fois passée la période d’essai, ses tarifs sont alignés, à quelques décimales près, sur ceux de TeamViewer. Sur Mac, Remote Desktop (89,99 €), désormais disponible en version 3.9, rend pas mal de services avec l’avantage d’un achat « one shot », sans abonnement. Toujours sur Mac, le simple « Partage d’écran » peut suffire pour des besoins basiques. Si vous cherchez une solution de repli multi-plateformes (Mac, PC, Linux), vous pouvez aussi vous tourner vers AnyDesk, à 60 € par an en version Lite pour les free-lances et TPE. Son installation est aussi simple et rapide que TeamViewer, et il coûte… 6 fois moins cher. Dernier détail : à force de tourner sur le site de TeamViewer, une fenêtre pop-up m’a généreusement proposé 10% de remise (avec le code FR01). Une promotion valable 24 heures, et qui, pour continuer d’utiliser TeamViewer, fait passer l’addition de 334 à 318€…

 

 

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